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Acouphènes : vivre avec un bruit que personne d'autre n'entend
Un sifflement. Un bourdonnement. Parfois un battement qui suit le pouls.
Les personnes qui viennent pour cela ont souvent consulté plusieurs fois, entendu qu'il n'y avait « rien à faire », et fini par se taire.
Ce qui use vraiment
Ce n'est pas le bruit. C'est l'impossibilité de lui échapper.
Le silence devient hostile. Le soir, quand tout se calme, il prend toute la place. On dort mal. On se concentre mal. On devient irritable, et on ne peut même pas expliquer pourquoi à ceux qui n'entendent rien.
Beaucoup me disent que le plus dur est de ne pas être cru.
Le cercle
Il s'installe presque toujours de la même façon.
L'acouphène apparaît. Il inquiète. On l'écoute pour vérifier s'il est toujours là — et l'écouter le rend plus présent. La fatigue s'installe, et la fatigue l'amplifie encore.
Ce cercle-là, on peut parfois le desserrer. Pas en supprimant le bruit, mais en agissant sur la tension et le sommeil qui l'entretiennent.
Ce sur quoi je travaille
La nuque, les mâchoires, les épaules — presque systématiquement. Beaucoup de personnes que je vois serrent les dents la nuit sans le savoir.
Le sommeil, qui est à la fois victime et cause.
Et l'état d'alerte général, ce corps qui ne redescend plus.
Ce que j'ai constaté
Je vais être franc, parce que c'est un sujet où l'on promet beaucoup.
Il m'est arrivé de voir un acouphène s'atténuer nettement. Il m'est arrivé plus souvent de voir la gêne diminuer sans que le bruit change vraiment — la personne dort mieux, l'entend moins, y pense moins.
Et il m'est arrivé de ne rien pouvoir faire du tout. Cela aussi, je le dis.
Plusieurs séances sont nécessaires. Si après deux ou trois rien ne bouge, je vous le dirai plutôt que de vous faire revenir.
Voyez un ORL d'abord
Un acouphène apparu brutalement, surtout d'un seul côté, doit être vu rapidement — dans les jours qui suivent. Une perte d'audition soudaine est une urgence.
Un acouphène qui bat au rythme du cœur, des vertiges associés, une baisse d'audition qui s'installe : tout cela relève de l'ORL, pas de moi.
Faites le bilan. Ensuite, si l'on vous a dit qu'il n'y avait plus rien à faire, appelez-moi si vous voulez. Mais dans cet ordre.
Ce que je fais accompagne un suivi médical. Cela ne le remplace pas.